Dino est une marque italienne créée par Ferrari dans le but de vendre des modèles à six cylindres préparés par la célèbre marque mais vendus sous une autre. Enzo Ferrari donna le nom Dino en hommage à son fils Alfredo dit Dino, mort d'une maladie génétique et qui avait participé à la conception du V6 qui animera la plupart des modèles de la marque.
La marque Dino a été utilisée par Ferrari entre 1965 et 1976, bien que le nom de Dino apparaisse dans des noms de modèles de course dès 1958, par exemple sur la Ferrari Dino 246 F1.
Dès 1965, la marque débute avec le modèle de compétition Dino 166 P destiné aux courses sur route. Le premier prototype routier exposé avec cette marque est une 206 GT carrossée par Pininfarina et présentée au salon de Paris en 1965.
Il y eu les modèles suivants : 246 GT/ GTS puis la 308 et la 208 GT4. C'est en 1976 que la marque sera stoppée. Les GT4 sont badgées Ferrari à la demande de la clientèle qui souhaitait avoir le prestige de la marque Ferrari même sur les plus petits modèles.
Source: wikipédia
Patrice Darras et Alfredo dit : « Dino » Ferrari partagèrent un même destin : tous deux
vivaient pour leur passion et furent emportés trop jeunes par la myopathie : Alfredo
s’éteignit à 24 ans, le 30 juin 1986, Patrice Darras à 35 ans, le 12 octobre 2009.
Accompagné de mon épouse et de l’un de mes fils, nous avions passé la journée à Cassel.
Sur cette petite montagne située au cœur de la plaine des Flandres se déroulait la
fameuse « Montée de Cassel » ; événement qui réunit chaque 1er mai des passionnés
d’automobiles anciennes sous l’œil avisé de M. Christophe Pund, organisateur de
l'événement.
Je photographiais des modèles d’exception, futures sources d’inspiration pour mes
prochaines gouaches. Mon fils, qui n’a cessé de me réclamer la peinture d’un modèle sportif, m’a fait réaliser que
ce type d’automobile manquait à ma série.
Quelques jours plus tard, j’étais décidé : j’allais peindre la Dino. Mes gouaches partagent
un point commun : un temps long, une réalisation comprise entre trois et huit mois.
À l’époque, je travaillais à France 3 Hauts-de-France comme graphiste-infographiste.
Lors d’une conférence de rédaction qui avait eu lieu dans l'après-midi, une scripte, tout
sourire, me lança un exemplaire du journal « La Voix du Nord ». Surpris, je le feuilletai
machinalement, geste que je n’aurais pas eu si elle l’avait posé simplement sur la table.
Le choc fut immense. Je découvris avec effroi le décès de mon ami Patrice : sa présence
était pour moi évidente, palpable... Par ce geste, j’eus l'impression d'un signe.
Son décès datait du 12 octobre 2009 ; l’article, quant à lui, parut le 15.
C’est dans les années 90 que je rencontrai Patrice pour la première fois. En effet, sa
maman me contacta après qu’il eut vu un reportage sur mes gouaches. Il souhaitait
orienter ses études vers une école d’art, choix que son père contestait fermement.
Je les rencontrai tous les trois et dus, dans une conversation argumentée, le convaincre du
bien-fondé du choix de Patrice ; en 1995, il intégra Saint-Luc à Tournai.
Atteint de myopathie, Patrice se déplaçait en fauteuil ; ses gestes paraissaient maladroits,
mais, avec des outils adaptés, il maîtrisait l’informatique avec aisance.
Je comprenais les réticences du père.
Après cet après-midi d’échanges passionnés, il donna son accord.
De là, naquit une profonde amitié. Nous nous appelions régulièrement et je suivais avec
un intérêt certain son parcours : il brillait dans ses études, s’épanouissait pleinement et,
outre Saint-Luc, travailla plusieurs années dans diverses agences de communication, puis
rejoignit la Direction du développement des médias (DDM) à Paris en tant que webmaster.
Passionné de Ferrari, Patrice fonda l’association « Sogno di Cavallino », « songe de petit
cheval », référence au cheval cabré de la marque.
Il offrait aux personnes handicapées la possibilité de vivre des sensations fortes en
effectuant un baptême sur route habituellement réservé aux valides.
Les fonds récoltés étaient reversés à l’Institut du cerveau et de la moelle épinière « ICM ».
En juillet 2007, pour son engagement dans son association, il fut nommé "chevalier de la
jeunesse et des sports". Cette activité lui demandait tant d’énergie qu’il accepta une
opération visant à la restaurer de façon pérenne, mais il perdit la vie durant l'intervention.
Je souhaitais en savoir un peu plus sur la genèse de la Dino. J’appris qu’Alfredo, dit « Dino
», était l’un des concepteurs du célèbre moteur six cylindres, d’abord monté sur la Fiat
Dino 206 GT de 1967, puis sur la Dino 246 GT de 1972.
N’étant pas dotée du V12 caractéristique des Ferrari, elle ne pouvait arborer le cheval
cabré. C’était non négociable pour le fondateur de la marque.
On doit à Leonardo Fioraventi et Aldo Brovarone, de Pininfarina, la superbe ligne des 206
et 246 GT.
Alfredo ne vit jamais ce moteur tourner, ni la marque « Dino » née de son prénom, souhait
profond d’Enzo en hommage à son fils.
Je dédiais cette gouache à ces deux hommes extraordinaires.